Les soins dentaires sous hypnose

Pour certains patients, la peur du dentiste est tenace. Certains sont même complètement phobiques. Que peut leur apporter l’hypnose dans les cabinets dentaires ?

La technique de l’hypnose est très ancienne, et utilisée dans le cadre médical dans les sociétés occidentales depuis au moins 200 ans. Pour autant, les dentistes formés et pratiquant l’hypnothérapie ne sont pas légion dans l’univers de la dentisterie. Les praticiens qui proposent l’hypnose s’adressent à des patients qui ont une peur quasi panique des soins comme l’extraction d’une dent, la pose d’un implant, ou encore en cas de dévitalisation. 

L’encadrement de la pratique

De façon générale, en France, il n’y a pas de cadre légal précis encadrant la pratique de l’hypnose et les DU d’hypnose (diplômes universitaires) ne sont pas reconnus par l’Ordre des médecins. Ces derniers ne peuvent donc pas la mentionner ni sur leur plaque, ni sur leurs ordonnances. Pour les chirurgiens-dentistes, en revanche, c’est un petit peu différent. Leur diplôme peut en effet être reconnu, et ils peuvent aussi faire figurer leur pratique de l’hypnose sur leurs documents professionnels, mais à condition, seulement, d’avoir obtenu l’autorisation de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.

Comment fonctionne l’hypnose ?

L’objectif de l’hypnose médicale dont on doit la création à Milton Erickson est de plonger le patient dans un état de conscience modifié entre veille et sommeil. Cette technique permet au praticien de détendre son patient grâce à des suggestions agréables. Mais pour que cela marche, le patient doit être réceptif et accepter aussi de lâcher prise. Une fois déconnecté du moment présent, et de l’acte à pratiquer sur ses dents, son esprit s’évade tout en restant présent : les bruits environnants sont perçus, et le patient peut répondre aux questions de son dentiste.
Aujourd’hui, il est difficile de savoir le nombre exact de chirurgiens-dentistes proposant cette technique mais l’on sait qu’elle s’est bien répandue au cours des dernières années. L’on sait aussi que certains hôpitaux utilisent l’hypnose contre la douleur. L’analyse des études faites sur le sujet démontre l’innocuité de la méthode mais aussi son intérêt thérapeutique dans divers domaines. Au regard de l’expérience acquise, les risques pourraient alors venir de pratiques intentionnellement malveillantes. Mais jusqu’ici aucune situation de ce type n’a été remontée dans le champ de la médecine.