Le Méopa au service des patients phobiques

MEOPA. Vous avez peut-être déjà vu ou entendu ce mot sans trop comprendre à quoi il correspondait. En fait, l’acronyme signifie : mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote. Plus simplement, il s’agit d’un gaz destiné à faciliter les soins dentaires chez certains patients particulièrement anxieux ou phobiques.

La peur du dentiste n’est pas un mythe. Pourtant, grâce aux avancées majeures dans la pratique dentaire, désormais, certains actes peuvent être certes parfois désagréables (comme l’anesthésie) mais rarement douloureux. Pour autant, certains patients vont développer une telle peur du dentiste qu’ils ne vont pas consulter, attendant parfois d’être en situation d’urgence pour pousser la porte d’un praticien. Le risque est alors de voir un trouble bénin se transformer en problème plus grave. C’est précisément à ces patients considérés comme « phobiques » que peut s’adresser le Méopa.

La « sédation consciente » pour se détendre

À l’origine destiné au milieu hospitalier, ce mélange gazeux est utilisé dans les cabinets dentaires de ville depuis les années 2010. Aujourd’hui un peu plus de 3 % des praticiens proposeraient cette technique qui permet aux patients les plus anxieux (de jeunes enfants, des personnes handicapées…) de se détendre, sans pourtant être endormis, et de rester conscients durant la totalité des soins. Le fonctionnement est simple : un masque délivrant le gaz est d’abord placé durant trois minutes sur le nez et la bouche du patient. Au fil de sa respiration, celui-ci ressent les effets de relaxation attendus. Le masque est alors déplacé sur le nez uniquement pour libérer la bouche afin d’effectuer les soins. À la fin, les effets se dissiperont en quelques minutes seulement.

Existe-t-il des effets indésirables ?

Non dangereux pour la santé, et sans effet de dépendance, le Méopa peut s’accompagner, dans des cas très rares, de quelques désagréments comme des nausées ou des vomissements. Parfois aussi, le gaz n’aura pas l’action escomptée à cause d’un phénomène d’excitation paradoxale. À l’issue de la séance, des maux de tête pourront parfois être ressentis ou encore une légère amnésie de la séance. Dans tous les cas, le Méopa ne pourra être pratiqué qu’avec l’accord express du patient concerné (ou du parent), et après qu’il ait rempli un questionnaire médical et ait été informé clairement du déroulement de la procédure.